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Déménager avec ses enfants après une séparation : Quelles conséquences juridiques ?

Le déménagement, c’est souvent un nouveau départ : une opportunité professionnelle, un rapprochement familial ou tout simplement un besoin de changer d’air.

Mais quand on est séparé avec des enfants et qu’un jugement fixe les droits de visite et d’hébergement de l’autre parent, les choses se compliquent.

Avant de boucler les valises, mieux vaut faire le point sur les obligations et les précautions à prendre pour éviter des litiges.

Déménager sans rien dire : une fausse bonne idée 

Laissez un mot sur la table « on part, bisous ! » n’est pas une stratégie juridiquement recommandable.

En effet, le déménagement impacte directement l’exercice de l’autorité parentale et les modalités du droit de visite et d’hébergement de l’autre parent.

L’article 373- 2 du Code civil impose aux parents qui souhaitent déménager d’en informer l’autre parent en amont.

Si le déménagement complique ou empêche l’exécution du jugement en vigueur, il peut être perçu comme un empêchement d’exécution du droit de visite, voire comme un enlèvement parental si l’autre parent saisit la justice.déménagement

Quelles obligations avant un déménagement ?

Avant de changer d’adresse, mieux vaut donc jouer la transparence :

1)    Informer l’autre parent le plus tôt possible, par courrier recommandé ou tout moyen permettant de prouver la transmission de l’information.

2)    Tenter un accord amiable sur les nouvelles modalités du droit de visite et d’hébergement.

3)    Saisir le juge aux affaires familiales (JAF) en cas de désaccord afin d’obtenir une modification du jugement.

Si le déménagement reste raisonnable en distance, une simple adaptation amiable peut suffire. Mais si l’éloignement est important, le juge devra trancher en fonction de l’intérêt de l’enfant, critère déterminant en matière de droit de la famille.

Et les trajets dans tout ça ? qui payent ?

Une question épineuse, surtout si le déménagement implique des centaines de kilomètres.

En principe, si le jugement de divorce ou de séparation ne prévoit rien de spécial, celui qui déménage supporte les frais supplémentaires qui n’engendre.

Toutefois, le juge peut décider une répartition plus équitable selon la situation financière des parents et l’intérêt de l’enfant.

Il est donc conseillé d’anticiper cette question et d’en discuter avec l’autre parent pour éviter de futurs litiges.

Comment anticiper pour que tout se passe bien ?

Un déménagement ne doit pas être un tremblement de terre pour l’enfant. Voici quelques conseils pour une transition en douceur :

–       Privilégier le dialogue avec l’autre parent et envisagé une solution amiable.

–       Associer l’enfant à la discussion pour le rassurer sur le maintien des relations avec ses deux parents.

–       Adapter le calendrier des droits de visite, par exemple en prévoyant des week-ends plus longs ou des vacances plus équilibrées.

–       Formaliser un accord par écrit et si besoin, le faire homologuer par le juge.

En conclusion : déménager oui, mais pas n’importe comment !

Déménager avec ses enfants après une séparation implique de respecter des règles légales et de préserver l’intérêt de l’enfant.

Anticiper et communiquer sont les maîtres mots pour éviter que le projet tourne au casse-tête judiciaire.

Et souvenez-vous, si l’envie de changement est parfois irrésistible, mieux vaut prévoir la route avant de foncer tête baissée… surtout quand il faut embarquer tout un petit monde avec soi !

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Lyon, le 16 mars 2025